Superficie
: 1.240.190 km² (deux fois et demi la France) La République
du Mali est située au coeur de l’Afrique occidentale, ayant
hérité de la colonisation, selon l’image d’un historien, « la
forme d’un papillon aux ailes asymétriques ». Le Mali s’étend
du plein coeur du Sahara au nord, jusqu’à la limite de la zone
des grandes savanes au sud. le Mali partage 7.420 km de frontière
avec sept Etats voisins : l’Algérie au nord, le Niger à l’est,
le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et la Guinée au sud, le Sénégal
et la Mauritanie à l’Ouest. Le Mali ne dispose d’aucun accès
à la mer et les ports de Dakar et d’Abidjan, par où passe l’essentiel
de son trafic international, sont distants de 1.200 km environ
de Bamako. Point le plus haut : le Hombori Tondo (1155 m) situé
dans la partie centrale du pays.
Relief: Le Mali est constitué à 90% de vastes plaines et de
bas plateaux, dont l’altitude n’excède pas 300 m. Quelques massifs
montagneux se dressent au milieu de ces étendues plates, tels
que les Monts Mandingues, l’Adrar des Iforas et la falaise de
Bandiagara
au pays Dogon.
La répartition de la population au sein du territoire malien
est profondément marquée par les conditions bioclimatiques.
Le réseau hydrographique s’articule autour des bassins versants
de deux fleuves, tout deux situés dans la partie méridionale
du territoire, le Sénégal et le Niger. Ils assurent une part
essentielle des transports. Toutefois, ces derniers ne s’écoulent
pas de façon pérenne : le Niger est navigable six mois par an,
entre juillet et janvier. Il forme une boucle longue de 1.700
km au sommet de laquelle il se divise en de multiples bras formant
un véritable « delta intérieur ». Ses affluents drainent le
sud-ouest et le nord-est du pays. Cette zone constitue un territoire
de 50.000 km², soit environ 6% de la superficie totale du pays.
Le fleuve
Niger occupe une place prépondérante dans l’économie, le
développement et l’organisation spatiale du pays.
POPULATION
ET POLITIQUE DU MALI
La
population malienne est estimée à 11.910.000 habitants dont 71%
de ruraux. Elle est très jeune avec 49% de moins de 15 ans. Le
taux de scolarisation dans le primaire reste faible avec 54% des
enfants scolarisés. De nombreuses ethnies cohabitent : Bambara
(35%), Peuhl (12%), Touareg et Maure, Senoufo, Sarakolé, Songhaï,
Malinké, Bobo, Minianka, Toucouleur, Somonono, Bozo, Dogon, etc.
Le pays connaît une forte émigration, notamment vers la France,
des populations sarakolé de la région de Kayes. Densité : 9,6
hab/km2, l’une des plus faibles du monde. Capitale : Bamako Langues
: Le français est la langue officielle mais le bambara
est bien plus utilisé (environ 60% de la population). Quelques
autres langues africaines (peul,
sénoufo,
soninké,
tamasheq,
Sonrhaï,
dogon...) se
partagent le reste.
Religion: Environ 85 % de la population malienne est de religion
musulmane, 8 % sont animistes,
5 % sont chrétiens,
mais des traces d'animisme substistent chez la plupart des habitants.
Monnaie : Le franc CFA, 1€= 655 F CFA
PIB 2005: 370 $ / habitant , au delà du centième rang mondial
Président de la République, M. Amadou Toumani TOURE Premier ministre,
M. Ousmane Issoufi MAIGA.
ECONOMIE
DU MALI
Le
Mali est l’un des pays les plus pauvre du monde. L’indicateur
de pauvreté humaine (47,3 %) le classe 81e sur 88 pays en
développement alors que l’indice de développement humain (IDH)
positionne le Mali en 164e sur 173 en 2000. Voir
classement IDH des pays
- Le Mali, classé parmi les pays les moins avancés (64% de la
population vit sous le seuil de pauvreté), sort à peine d’une
crise économique sous-tendue par les turbulences dans le secteur
coton, seconde ressource d’exportation du pays après
l’or.
- Le taux de croissance du PIB à prix constant a été de 4,3
% en 2002, 7,2 % en 2003 et de 2,2 % en 2004. En 2004, cette
détérioration est, selon le FMI, due à la baisse de la production
aurifère (principale ressource) mais est aussi imputable à des
chocs extérieurs : invasion acridienne, chute des cours du coton,
hausse des cours du pétrole, dépréciation du dollar par rapport
à l’Euro et crise ivoirienne.
- Pour 2005, le FMI
prévoit un écart de financement important, notamment en raison
du retard pris dans la restructuration d’ensemble de la filière
coton, dominée par la Compagnie malienne des textiles (CMDT)
dont l’Etat est actionnaire majoritaire. La faiblesse des cours
du coton constitue une menace pour un pays tel que le Mali.
Aussi, il s’est associé au Bénin, au Tchad et au Burkina Faso
pour demander à l’OMC
la mise en place d’un système de réduction du soutien à la production
cotonnière (subvention que les pays du Nord accordent à leurs
propres producteurs) en vue de sa suppression et l’adoption
d’un mécanisme d’indemnisation au bénéfice des pays producteurs
du Sud. La France appuie cette demande.
-
Le potentiel
minier est également très important. Au-delà, l’économie
malienne demande à être diversifiée. Les privatisations, qui
accusent un lourd retard, devraient attirer les investisseurs.
Le Mali dispose d’un code des investissements comparable à celui
des autres pays de l’UEMOA.
Depuis 1987, une quarantaine d’entreprises publiques ont été
privatisées. Le Mali a atteint en juillet 2003 le point d’achèvement
de son programme PPTE
(initiative pour les pays pauvres très endettés). Il devrait
ainsi bénéficier de la récente décision du G8
relative à l’annulation de la dette multilatérale qui s’élèverait
à 0,6 % du PIB (produit intérieur brut) par an, à moyen
terme. En 2004, l’aide publique au développement, par habitant,
est de 37,4$ en versements nets.
- Le revenu par habitant au Mali, estimé à 370 $ est très inférieur
à la moyenne pour l’Afrique Subsaharienne (510 dollars). En
2001, 63,8% de la population vit dans la pauvreté et 21 % dans
l’extrême pauvreté.
- Le Mali souffre de son enclavement. Ne possédant aucune façade
maritime, il est dépendant des ports des pays de la sous-région,
Abidjan était le principal port utilisé jusqu’au déclenchement
de la Guerre civile de Côte d'Ivoire. Depuis, les ports de Lomé
au Togo et Nouakchott en Mauritanie, ainsi que Dakar au Sénégal
ont pris la relève. Mais les infrastructures routières insuffisantes
sont un frein.
- L’économie du Mali est avant tout agricole. 80 % de la population
active travaille dans ce secteur qui représentait 44 % du PIB
en 1995 (16 % pour le secteur secondaire et 40 % pour le secteur
tertiaire). Mais la production agricole est faible, souffrant
à la fois d’un manque d’infrastructure en milieu rural, de rendement
faible trop lié aux variations climatiques. En dehors de la
région de Sikasso, l’autosuffisance alimentaire n’est pas assurée.
- Les industries de transformations sont peu développées et
essentiellement concentré à Bamako. La plus grande partie de
la population travaille dans le secteur informel. Les politiques
d’ajustement structurel imposées par le Fond monétaire international
(FMI) depuis les années 1970 a conduit les gouvernements à réduire
les budgets sociaux consacrés aux dépenses d’éducation et de
santé.
- La dévaluation du franc CFA en janvier 1994 a plongé un nombre
important de famille dans des situations d’extrême précarité.
Ces politiques, tout comme la démocratisation du pays, ont cependant
rassuré les investisseurs étrangers. Le Mali reste dépendant
de l’aide étrangère. L’argent envoyé par les émigrés en Europe
et particulièrement en France, originaire principalement de
la région de Kayes, est une source de revenus essentielle, dépassant
l’aide au développement octroyée par les « pays riches ».
- Le Mali, avec les mines d’or de Sadiola, Morila et Yatela,
est le troisième producteur d’or en Afrique (derrière l’Afrique
du Sud et le Ghana) avec une production de 63 tonne en 2002,
production qui a doublé entre 2000 et 2002. Cette production
représente 12 % du produit intérieur brut du Mali et 67% des
produits d'exportation (300 milliards de francs CFA). Entre
1997 et 2005, la production d’or a rapporté au Mali plus de
600 milliards de francs CFA.
HISTOIRE
DU PAYS ET SES RELATIONS AVEC LA FRANCE
Le
Mali possède une histoire riche et relativement bien connue.
Il a été le siège de trois grands empires : l'empire
du Ghana, l'empire
du Mali et l'empire
Songhaï. Il sera par la suite une colonie française. Quelques
années après l'indépendance, il subira la dictature de MoussaTraoré
avant de connaître un régime démocratique depuis le début des
années 1990.
Histoire précoloniale Préhistoire: Les premières traces
de peuplement humain remontent au Ve millénaire av. J.-C. Au
IIIe millénaire av. J.-C. les modifications climatiques entraînent
un fort afflux de populations en provenance du Sahara. L'Empire
du Ghana: Aussi nommé Ouagadou, il est érigé par les Sarakolés
au IVe siècle. Il fonde sa prospérité sur le sel et l'or. L'empire
se désagrégera en 1076 suite aux percées des berbères venus
islamiser l'Afrique occidentale.
Empire du Mali: Fondé au XIe siècle il sera unifié par Sundjata
Keïta en 1222 qui proclame la Charte
du Manden. À son apogée sous le règne de Mansa Moussa il
s'étendait sur une région comprise entre l'océan Atlantique
et le Niger. Ce souverain sera célèbre pour les fastes de son
pèlerinage à la Mecque. Son armée était composée de 100 000
soldats. La prospérité de l'empire reposait sur le commerce
transsaharien du cuivre, du sel, de l'or et des étoffes.
Les caravanes favoriseront également les échanges culturels.
Tombouctou,
Gao et Djenné
furent les centres économiques et culturels de cette civilisation
au centre de l'islam soudano-malien. L'Empire Songhaï Fondé
par Sonni
Ali Ber puis Askia
Mohammed, il supplante l'empire du Mali à partir du XVe
siècle. Il s'étend alors sur la plus grande partie du Mali actuel.
En 1591 l'empire est quasiment entièrement démantelé par les
troupes du pacha
Djouder en provenance du Maroc. Succéde une mosaïque de
petits États: les royaumes bambaras de Ségou et du Kaarta, l'Empire
peul du Macina, l'Empire
toucouleur, le Royaume du Kénédougou... La pratique de l'esclavage
se développe pendant cette période. Au XIXe siècle les Bambaras
qui comme les Dogons ont résisté à l'islamisation sont victimes
de la guerre sainte menée par le chef musulman El
Hadj Oumar Tall.
La colonisation En 1864, les troupes françaises
de Louis Faidherbe vainquent celles de El
Hadj Oumar Tall à Bandiagara. De 1880 à 1898, Joseph
Gallieni entreprend la conquête de la région. La
capture de SamoryTouré marque la victoire des Français.
Le Mali (sous le nom de Haut-Sénégal-Niger) devient, en 1895,
une colonie française intégrée à l'Afrique Occidentale Française
avec une portion de la Mauritanie, du Burkina Faso et du Niger.
Kayes devient son chef-lieu pour laisser la place, en 1907,
à Bamako. En 1920, elle est appelée Soudan
français.
L'indépendance Jusqu'à la fin de la Seconde Guerre
mondiale toute activité politique est interdite dans la colonie.
En 1946 le parti indépendantiste du rassemblement
démocratique africain (RDA), est crée à Bamako.
En 1956 le Soudan français devient une république autonome de
la Communauté française.
Le 17 janvier 1959 il forme avec le Sénégal la Fédération
du Mali qui proclame son indépendance le 20 juin 1960. Cette
fédération éclate quelques mois plus tard et la république du
Mali est proclamée le 22 septembre 1960. Le pays devient membre
de l'Organisation des Nations unies quelques jours plus tard.
Le nationaliste africain Modibo Keïta en est premier président.
Le pays entre alors dans la sphère d'influence soviétique.
En novembre 1968, l'échec de la politique économique de Modibo
Keïta entraîne un coup d'État militaire qui porte au pouvoir
Moussa
Traoré.
Janvier 1969 : le Comité militaire de libération nationale met
à la retraite une dizaine d’officiers supérieurs dont le colonel
Sékou Traoré qui commandait l’armée sous Modibo Keita.
Septembre 1969 : Remaniement du gouvernement de Yoro Diakhité
à la suite d’une tentative de putsch survenue en août et conduite
par le capitaine Diby Silas Diarra. Moussa
Traoré devient chef du gouvernement et remplace Yoro
Diakhité, en cumulant ainsi les fonctions de chef de l’État
et de chef du gouvernement. Création d’une Cour de sûreté de
l’État. La trentaine de putschistes sont condamnés aux travaux
forcés et meurent en détention.
Septembre 1970 : Remaniement ministériel qui voit Yoro Diakhité
chargé des Affaires étrangères et semble signifier la réconciliation
des deux hommes forts du régime. Plusieurs intellectuels sont
alors condamnés pour offense au chef de l’État.
19 octobre 1970 : Le gouvernement militaire dissout le bureau
désigné par le Congrès de l’union nationale des travailleurs
du Mali (UNTM) et place sous sa coupe le mouvement syndical,
ce que confirme la mise en place, en juillet 1971, d’un comité
de coordination des travailleurs qui n’est qu’une émanation
des services de sécurité. 8 avril 1971 : Moussa
Traoré dénonce l’existence d’un complot ourdi par Yoro
Diakhité. Arrêté, celui-ci sera jugé en juillet 1972 et
condamné aux travaux forcés. Il meurt en juillet 1973, dans
les mines de sel
deTaoudeni.
1972 : Signature entre l’Église catholique et l’État malien
d’une convention intégrant les écoles catholiques dans l’enseignement
public.
1972-1974 : La sécheresse qui affecte les régions de Gao et
de Tombouctou depuis 1970 prend une dimension catastrophique.
On dénombre 100 000 victimes et la disparition de la moitié
du cheptel dans le nord du pays. C’est l’occasion de détournements
de l’aide internationale qui n’est que très inégalement distribuée,
la famine constituant, pour le gouvernement de Bamako, un moyen
de venir à bout de la dissidence des Touareg sahariens. La crise
est surmontée avec les pluies qui interviennent au cours de
l’été de 1974 mais les communautés touareg ont été terriblement
éprouvées.
Juillet 1973 : Les accords de coopération franco-maliens sont
reconduits pour cinq ans.
1973 : Création de la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest
regroupant sept pays – Bénin, Burkina Faso (qui est encore la
Haute-Volta à l’époque), Niger, Côte d’Ivoire, Mauritanie, Sénégal
et Mali. Cette organisation que Félix Houphouët-Boigny entend
utiliser pour faire contrepoids à un Nigeria tenté de jouer
le rôle de grande puissance régionale est perçue en fait comme
un club francophone et disparaît en 1994, un an après la mort
du chef de l’État ivoirien.
2 juin 1974 : Une nouvelle constitution est proposée aux
Maliens, qui votent alors pour la première fois depuis la chute
de Modibo Keita.
Le oui l’emporte par 99 % des voix… La nouvelle constitution
démocratise en apparence la vie politique. Elle prévoit l’élection
d’une Assemblée nationale mais institue un système de parti
unique, un chef de l’État élu pour six ans au suffrage universel
qui sera en même temps chef du gouvernement alors qu’une Cour
suprême vérifiera la constitutionnalité des lois. Monocamérale,
l’Assemblée nationale se réunit en deux sessions annuelles dont
la durée ne peut excéder deux mois. Elle vote les lois mais
en partage l’initiative avec le président qui peut la dissoudre
alors qu’elle-même n’a aucun moyen d’action sur le gouvernement
et le président de la République. Le CMLN est chargé de conduire,
pour cinq années supplémentaires, les affaires du pays. Un article
élimine pour dix ans de la vie politique tous ceux qui ont exercé
des fonctions politiques avant le putsch du 19 novembre. Lors
des élections présidentielles et législatives qui suivent, Traoré
et son parti, l’Union démocratique du peuple malien, obtiennent
99 % des suffrages exprimés.
Novembre 1974 : Des incidents frontaliers opposent les troupes
maliennes et voltaïques et, au mois de janvier suivant, des
rumeurs selon lesquelles des Voltaïques auraient été molestés
à Bamako entraînent des incidents antimaliens à Bobo Dioulasso,
deuxième ville de la Haute-Volta (l’actuel Burkina Faso). La
crise trouve son issue en juin 1975 avec la conférence des chefs
d’État ouest-africains réunis à Lomé pour apaiser le conflit
qui concerne 160 km de frontière, dans une région que l’on suppose
riche en manganèse et peut-être même en pétrole. La crise est
ainsi réglée pacifiquement par le maintien du statu quo ante.
11 juillet 1975 : Les présidents Moussa Traoré et Sangoulé Lamizana
signent à Conakry un accord de paix permanente qui fait suite
au conflit frontalier entre le Mali et la Haute-Volta.
1975 : Traité instituant la CEDEAO (Communauté économique des
États de l’Afrique de l’Ouest) qui comprend seize États – Bénin,
Burkina Faso (Haute-Volta), Cap Vert, Côte-d’Ivoire, Gambie,
Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Liberia, Mali, Mauritanie, Niger,
Nigeria, Sénégal, Sierra Leone, Togo. Le traité prévoit la création
d’un marché commun pour 1989, avec un tarif extérieur commun
en 1994 ainsi que l’harmonisation des politiques fiscale et
monétaire mais ces objectifs ne seront pas atteints.
17 mai 1977 : Les funérailles de Modibo Keita fournissent à
l’opposition l’occasion de manifester dans la rue.
14 octobre 1977 : Signature d’une convention militaire franco-malienne
qui renoue les relations interrompues en 1960.
28 février 1978 : Tentative avortée de coup d’État. L’arrestation
de plusieurs ministres est annoncée, notamment celle de Kissima
Dounkara, ministre de la Défense, de l’Intérieur et de la Sécurité.
Le pouvoir dénonce, par allusion aux événements de Chine, la
« bande des quatre » ainsi incarcérée mais d’autres arrestations
sont effectuées dans l’armée et dans la haute administration.
30 mars 1979 : Le gouvernement annonce la création d’un parti
politique unique, l’Union démocratique du peuple malien dont
le congrès constitutif se tient à Bamako du 28 au 31 mars. Le
retour à une « vie constitutionnelle normale » se confirme.
19 juin 1979 : Moussa Traoré est réélu à la présidence à la
quasi-unanimité alors que les candidats du parti unique recueillent
99,85 % des suffrages lors des élections pour la désignation
de l’Assemblée. Le 28 juin, les membres du CMLN quittent le
gouvernement pour rejoindre la direction de l’UDPM.
Novembre 1979 - juin 1980 : Le Mali est confronté à une grève
scolaire et étudiante de grande ampleur à laquelle le pouvoir
répond par la répression et par la fermeture de fait de nombreux
établissements. Le leader du mouvement étudiant, Abdoul Karim
Camara, meurt le 17 mars 1980 dans les locaux de la police.
Le pouvoir est de plus en plus contesté. Alpha Oumar Konaré,
ministre de la Jeunesse, démissionne le 2 août 1980.
1981 : Le Mali obtient la garantie financière de la France pour
pouvoir réintégrer l’Union monétaire ouest-africaine. Paris
reste le premier client et absorbe 30 % des exportations maliennes,
en assurant 40 % des importations. La France intensifie son
aide budgétaire et son assistance technique.
1984 : Le Mali réintègre pleinement l’Union monétaire ouest-africaine.
Mars 1985 : Le deuxième Congrès du parti unique UDPM (Union
démocratique du peuple malien) modifie l’article 22 de la constitution
de 1974 qui prévoyait que le président ne pouvait être réélu
qu’une fois. C’est la porte ouverte à une pérennisation du pouvoir
de Moussa Traoré, le président en exercice.
11 juin 1985 : De nouveau candidat à l’élection présidentielle,
Moussa Traoré est réélu avec 99,94 % des suffrages exprimés.
La liste unique de l’UDPM (établie de fait par le chef de l’État)
obtient dans le même temps 99,92 % des suffrages.
25 décembre 1985 : Reprise du conflit entre le Mali et le Burkina
(la guerre de l’Aguacher). Le président burkinabé Thomas Sankara
veut récupérer une bande de terre située au nord du territoire
du Burkina Faso et peuplée de Touareg. Les modifications de
frontières intervenues entre les deux territoires durant la
période coloniale ouvrent en effet la voie à toutes les contestations.
Des incidents armés avaient déjà eu lieu en 1974, 1975 et 1976.
L’affaire était depuis octobre 1985 soumise à l’arbitrage de
la Cour internationale de La Haye. Le déclenchement des hostilités
voit les Maliens bombarder le nord-ouest du Burkina et les Burkinabés
bombarder Sikasso. Le conflit, une « guerre de pauvres » selon
le journal Le Monde, se poursuit pendant six jours jusqu’au
31 décembre et apparaît d’autant plus dérisoire que l’Aguacher
ne dispose d’aucune richesse minière particulière.
30 mai 1986 : Un remaniement gouvernemental voit la création
du poste de Premier ministre, confié à Mamadou Dembélé qui avait
été l’un des principaux artisans de la répression contre les
mouvements étudiants de 1979-1980.
22 décembre 1986 : La cour de La Haye accorde la partie orientale
de l’Aguacher, la région de Béli, au Burkina Faso et la partie
occidentale au Mali.
20 février 1987 : Moussa Traoré nomme Zoumana Sacko ministre
des Finances. Celui-ci engage une lutte farouche contre la corruption
mais, soumis à de fortes pressions, est contraint de démissionner
dès le mois d’août.
Mai 1988 : Moussa Traoré est nommé président de l’Organisation
de l’unité africaine. Le bilan de cette présidence apparaîtra
extrêmement mince.
6 juin 1988 : Le président Moussa Traoré supprime le poste de
Premier ministre détenu par Mamadou Dembélé et reprend le portefeuille
de la Défense.
Novembre 1988 : Le vingtième anniversaire du coup d’État de
1968 donne l’occasion à Moussa Traoré de justifier une action
qui visait, selon lui, à « éviter le chaos ». Il décide par
ailleurs la libération de 240 prisonniers politiques et la fermeture
du bagne de Taoudéni.
Juin 1990 : Sommet
franco-africain de La Baule. François Mitterrand conditionne
la continuité de l’aide française au développement à la réalisation
d’avancées démocratiques. La même année voit la création de
plusieurs partis et mouvements tels que le Congrès national
d’initiative démocratique, l’Alliance pour la démocratie au
Mali et l’Association des élèves et étudiants du Mali qui s’allient
pour dénoncer le régime de Moussa Traoré. Intervenant après
la chute du mur de Berlin survenue en novembre 1989, la nouvelle
vision française de la démocratie et du développement sur le
continent noir favorise naturellement la remise en cause des
régimes autoritaires qui profitaient de la division engendrée
par la guerre froide pour justifier leur caractère liberticide.
29 juin 1990 : Déclenchement de la rébellion targuie contre
la dictature militaire, suite au vol de milliers de tonnes de
vivres fournis par l’aide internationale en raison de la sécheresse.
Elle se traduit par l’attaque lancée contre la prison de Menaka
où étaient détenus les Touareg. Des postes militaires isolés
sont ensuite attaqués.
6 janvier 1991 : Conclusion, à Tamanrasset, d’un accord de paix
entre les rebelles Touareg et le gouvernement de Bamako.
23 mars 1991 : Une vingtaine de manifestants sont tués au cours
des affrontements qui, entamés dès le 21, opposent à Bamako
étudiants et forces de l’ordre. La capitale malienne connaît
quatre jours durant une situation insurrectionnelle.
26 mars 1991 : Coup d’État militaire et arrestation de Moussa
Traoré pour corruption.
26 mars 1991 : Un Conseil de réconciliation nationale exerce
le pouvoir et engage des pourparlers avec l’opposition. Il est
dirigé par le colonel Amadou
Toumani Touré.
2 avril 1991 : L’ancien ministre des Finances Soumana
Sacko est nommé Premier ministre.
29 juillet-12 août 1991 : La conférence nationale chargée de
conduire la transition démocratique s’ouvre à Bamako, présidée
par Amadou Toumani Touré, président du Comité de transition
pour le salut du peuple créé sur la base d’un accord entre les
militaires et les forces démocratiques.
Août 1991 : Le gouvernement malien rend public le bilan des
affrontements entre l’armée et les Touareg au cours de l’année
écoulée. Selon le ministère de la Défense et de la Sécurité
intérieure, il s’élève à 150 tués chez les militaires. Le problème
est moins grave qu’au Niger voisin mais la guérilla targuie
considérée à Bamako comme une forme de « banditisme armé » se
manifeste de manière chronique, principalement dans les régions
de Gao et de Tombouctou.
12 janvier 1992 : À l’issue d’un référendum qui voit, par 99,76
% de oui, l’adoption du multipartisme et d’un nouveau texte
constitutionnel, la constitution de la IIIe République est promulguée.
Le pouvoir exécutif est détenu par un président élu pour cinq
ans au suffrage universel et par un Premier ministre ; le pouvoir
législatif est exercé par une Assemblée nationale monocamériste
élue elle aussi pour cinq ans. Des élections municipales ont
lieu le 19 janvier. Les élections législatives qui les suivent
les 9 février et 8 mars voient une large victoire de la coalition
gouvernementale sortante. Ces diverses consultations s’effectuent
sous le contrôle d’une quarantaine d’observateurs étrangers.
12 avril 1992 : Des délégués des Mouvements et Fronts unis de
l’Azawad représentant la guérilla targuie signent à Bamako avec
les autorités maliennes et sous l’égide de l’Algérie dont la
médiation s’est révélée décisive, le Pacte national sur la question
du Nord (dont les termes ont été négociés à Alger en mars) qui
met fin à deux ans de guérilla et accorde aux populations du
désert une certaine autonomie.
26 avril 1992 : Alpha Oumar Konaré, candidat de l’Alliance pour
la Démocratie, est élu président de la République. Avec 45 %
des voix obtenues au premier tour contre huit concurrents. Son
principal adversaire, Tiéoulé Mamadou Konaté, obtient près de
14,5 % des voix, les autres candidats jouant les figurants (une
victoire qui ne traduit pas vraiment, en raison d’une participation
très réduite au scrutin, de l’ordre de 24 % des inscrits, l’état
d’esprit du pays réel). Le deuxième tour voit Konaré l’emporter
sur Konaté par 69,01 % des voix (contre 30,99 % à son adversaire).
Le vainqueur de la consultation entre en fonction le 8 juin.
C’est la « IIIe République » du Mali qui commence avec lui,
après la première, dominée par Modibo Keita, et la seconde,
qui s’est confondue avec le régime de Moussa Traoré. On considère
généralement à l’étranger que le Mali a réalisé en quelques
mois une « transition démocratique » exemplaire.
12 février 1993 : Moussa Traoré, dont le procès a débuté le
4 juin 1992 avant d’être reporté en novembre, est condamné à
mort, ainsi que trois autres chefs militaires, pour la répression
des émeutes conduite par l’armée en 1991 (elle a entraîné la
mort de deux cents personnes).
5 avril 1993 : Reprise de l’agitation étudiante. Les manifestants
s’en prennent à l’Assemblée nationale. Démission le 9 avril
du gouvernement de Younoussi Touré.
12 janvier 1994 : Dévaluation de 50 % du franc CFA par rapport
au franc français (décidée à la conférence de Dakar réunissant
les chefs d’État et de gouvernement des quatorze pays de la
Zone Franc).
2 février 1994 : Reprise de l’agitation étudiante. Démission
du Premier ministre Abdoulaye Sékou Sow. Il est remplacé le
4 par Ibrahim Boubacar Keita, troisième Premier ministre du
président Alpha Oumar Konaré. La situation de l’enseignement
qui est l’objet d’une forte demande sociale est à l’origine
d’une contestation chronique, consécutive au faible taux de
scolarisation (encore plus faible pour les filles) et à l’insuffisance
des moyens en personnel, en locaux et en matériel pédagogique.
15 février 1994 : Fermeture des écoles et arrestation de plusieurs
leaders étudiants accusés de vandalisme. L’opération « ville
morte » organisée à Bamako le 31 mars suivant est un échec.
27 mars 1996 : Dissolution des mouvements armés touareg. Échec
du pacte national de 1992.
1996 : Élaboration d’un programme décennal pour l’éducation
et la culture, qui n’obtient pas les résultats escomptés puisque
l’analphabétisme perdure massivement au début du XXIe siècle.
27-30 janvier 1997 : Tenue à Kayes d’un forum franco-malien
portant sur le développement local et les moyens de limiter
l’émigration. 9 mai 1997 : Réélection pour cinq ans d’Alpha
Oumar Konaré. Il décide commuer en emprisonnement à vie la peine
de mort prononcée contre les quatre accusés considérés comme
responsables de la mort des victimes tombées lors des journées
insurrectionnelles de mars 1991.
17-20 décembre 1997 : Tournée africaine du Premier ministre
français Lionel Jospin (au Maroc, au Sénégal et au Mali où il
prononce
un discours consacré à l’aide au développement).
1997-1998 : Le Mali devient le premier producteur de coton de
l’Afrique subsaharienne (les 522 000 tonnes produites constituent
un record absolu depuis l’introduction de cette culture). Avec
663 000 tonnes de riz, le pays, qui n’en consomme que 384 000,
dispose de surplus exportables importants. Ces bons résultats
conduisent au report de la privatisation, demandée par la Banque
mondiale, de la Compagnie malienne de développement textile
(compagnie au sein de laquelle l’État malien demeure majoritaire).
Malgré ce bilan encourageant, l’émigration demeure toujours
aussi massive.
12 octobre 1998-12 janvier 1999 : Procès des dirigeants de l’ancien
régime poursuivis pour crimes économiques. Il se déroule dans
des conditions discutables, au point que le collectif de défenseurs
se retire le 16 décembre.
Février 2000 : Mandé Sidibé succède à Ibrahim Boubacar Keita
au poste de Premier ministre.
2000 : Alpha Omar Konaré annonce qu’il renonce à se succéder
à lui-même en 2002, au terme de son mandat. La lutte pour la
succession divise l’ADEMA, le parti dominant. En novembre 2000,
Diacounda Traoré est élu président du parti contre le Premier
ministre Mandé Sidibé.
Février 2001 : Signature par les partis politiques d’un pacte
de bonne conduite en vue des élections de 2002. Le multipartisme
est devenu une réalité. Le pays compte une cinquantaine de partis
dont une vingtaine représentés dans les conseils municipaux,
huit à l’Assemblée nationale et cinq au gouvernement.
8 juin 2002 : Amadou Toumani Touré est élu président. En
svoir plus sur son parcours. Ahmed Mohammed Ag Hamani devient
Premier ministre.
2003 : L’ancien président du Mali, Alpha Omar Konaré, accède
à la présidence de l’Union africaine qui a succédé à l’Organisation
de l’unité africaine.
2003 : Le pays est confronté à la disette et bénéficie d’une
aide alimentaire fournie par la communauté internationale qui,
sur l’initiative de la France et dans le cadre de l’aide aux
« pays pauvres très endettés », annule pour 675 millions de
dollars la dette malienne.
Février 2004 : Congrès du Parti pour la renaissance nationale
(PARENA)
de Tiébilé Dramé qui critique le pouvoir, également contesté
lors du congrès constitutif du Bloc des alternatives pour le
renouveau africain de Yoro Diakité.
29 avril 2004 : Ousmane
Issoufi Maïga devient Premier ministre et constitue un gouvernement
réduit à 28 membres qui remplace celui de Ahmed
Mohammed ag Hamini. Il s’agit d’un gouvernement de consensus
dans lequel la plupart des partis sont représentés.
30 mai 2004 : Élections municipales. L’Alliance pour la démocratie
au Mali, l’Adema
anciennement au pouvoir, arrive en tête avec 28 % des sièges
; de nombreux petits partis soutiennent le président Amadou
Toumani Touré.
2004 : Le Mali souffre d’une invasion
de criquets pèlerins entraînant un déficit céréalier de
450 000 tonnes.
12 novembre 2005 : Inauguration
de la mine d’or de Loulo, qui va permettre de faire passer
la production de 40,5 tonnes en 2005 à 64 tonnes en 2006. L’exploitation
aurifère représente une part importante du PIB malien, le pays
devenant désormais le troisième producteur du continent, après
l’Afrique du Sud et le Ghana.
3-4 décembre 2005 : Le 23e sommet
franco-africain se réunit à Bamako. 2005 : Le Mali atteint
un taux de croissance de 5,9 % sur l’année. La production de
coton augmente mais la Compagnie malienne de développement des
textiles (CMDT) est en difficulté en raison de la faiblesse
des cours et sa privatisation est repoussée à 2008.
22 mai 2006 : Des rebelles
touareg s’emparent de deux camps militaires à Kidal, dans
le nord du pays, à quelques centaines de kilomètres des frontières
de l’Algérie et du Niger puis se replient en emportant d’importantes
quantités d’armes.
Début
juin 2012 : Election du Président de la République
du Mali en remplacement du Président actuel ATT Amadou
Toumani Touré.