TOMBOUCTOU

Les trois grandes mosquées de Tombouctou, restaurées par l'imam Al-Aqib au XVIe siècle, témoignent de l'âge d'or de la capitale intellectuelle et spirituelle de la fin de la dynastie Askia. Elles ont joué un rôle essentiel dans la diffusion de l'islam en Afrique à une époque ancienne.

On pense que Tombouctou a été fondé vers la fin du Ve siècle de l'hégire par un groupe de Touaregs Imakcharen qui, ayant voyagé sur 250 km au sud de leur base, établirent un camp temporaire gardé par une vieille femme, Bouctou. Peu à peu, Tim-Bouctou (le lieu de Bouctou) devint un petit village sédentaire à la croisée de plusieurs routes commerciales. Très tôt convertie à l'islam (les deux grandes mosquées de Djingareyber et de Sankore ont été construites au cours de la période mandingue), la ville-marché de Tombouctou a atteint son apogée sous la dynastie Askia (1493-1591). Elle devint ensuite un important centre de culture coranique, avec l'université de Sankore et de nombreuses écoles fréquentées, dit-on, par quelque 25 000 élèves. Dans les rues de ce centre intellectuel et religieux, savants, ingénieurs et architectes venus de différentes parties de l'Afrique se mêlaient aux sages et aux marabouts. Très tôt, Tombouctou attira les voyageurs venus de pays lointains.

Bien que les mosquées d'El-Hena, Kalidi et Algoudour Djingareye aient été détruites, trois monuments essentiels - les mosquées de Djingareyber, de Sankore et de Sidi Yahia - témoignent encore aujourd'hui de la grandeur de Tombouctou.

La mosquée de Djingareyber a été construite par le sultan Kankan Moussa après son retour d'un pèlerinage à La Mecque, en 1325. Entre 1570 et 1583, l'imam de Tombouctou, Al-Aqib, la fit reconstruire et agrandir en ajoutant toute sa partie sud et le mur de clôture du cimetière situé à l'ouest. Le minaret central domine la ville ; c'est le principal point de repère dans le paysage urbain actuel. Sur la façade orientale, un minaret moins haut complète le profil de la grande mosquée, qui possède trois cours internes.

Comme la mosquée de Djingareyber, celle de Sankore, construite au cours de la période mandingue, a été restaurée par l'imam Al-Aqib entre 1578 et 1582. Ayant fait démolir le sanctuaire, il le reconstruisit en reproduisant les mesures de la Kabaa à La Mecque, qu'il avait prises lui-même avec une corde au cours de son pèlerinage.

La mosquée de Sidi Yahia, au sud de celle de Sankore, a probablement été construite vers 1400 par le marabout Cheikh El-Moktar Hamalla pour anticiper la venue d'un saint homme qui apparut effectivement 40 ans plus tard en la personne de Cherif Sidi Yahia, qui fut alors choisi comme imam. Elle a été restaurée en 1557-78 par l'imam Al-Aqib. Outre les mosquées, le site classé compte 16 cimetières et mausolées qui étaient des composantes essentielles du système religieux dans la mesure où, selon la croyance populaire, ils étaient le rempart qui protégeait la ville de tous les dangers. Le mausolée le plus ancien est celui de Cheikh Abul Kassim Attouaty, qui mourut en l'an 936 de l'hégire (1529) et fut enterré 150 m à l'ouest de la ville, avec 50 oulémas et saints hommes originaires de Touat. De la même période, les tombeaux du savant Sidi Mahmoudou, qui mourut en 955 de l'hégire, et celui de l'imam Al-Aqib, le restaurateur des mosquées, qui mourut en l'an 991 de l'hégire (1583), présentent également un grand intérêt. .

texte source UNESCO



Les manuscrits de Tombouctou

Le vrai trésor de Tombouctou est constitué par un ensemble de près de cent mille manuscrits détenus par les grandes familles de la ville. Ces manuscrits, dont certains datent de l'époque préislamique remontant au XIIe siècle, sont conservés depuis des siècles comme des secrets de famille. Ils sont pour la plupart écrits en arabe ou en peul, par des savants originaires de l'ancien empire du Mali et contiennent un savoir didactique notamment dans les domaines de l'astronomie, de la musique, de la botanique…
Des manuscrits plus récents couvrent les domaines du droit, des sciences, de l'histoire (avec d'inestimables documents comme le Tarikh es-Sudan de Mahmoud Kati sur l'histoire du Soudan au XVe siècle et le Tarikh el-Fetash d'Abderahmane Es-Saad au XVIIe siècle), de la religion, du commerce. Le centre de documentation et de recherches Ahmed-Baba (Cedrab), fondé en 1970 par le gouvernement avec l'aide de l'UNESCO, recueille certains de ces manuscrits pour les restaurer et les numériser. Si déjà plus de 18 000 manuscrits ont été collectés par le seul centre Ahmed Baba, on estime qu'il existerait jusqu'à 300 000 manuscrits dans l'ensemble de la zone touarègue. Environs 60 à 80 bibliothèques privées existent aussi dans la ville, parmi lesquelles la bibliothèque commémorative Mamma Haidara et la bibliothèque Mahmoud-Kati. Couvrant l'ensemble des domaines du savoir, les manuscrits sont menacés par les mauvaises conditions de conservation et surtout par le trafic dont ils sont l'objet au profit de riches collectionneurs.
L’Institut des hautes études et de recherche islamique Ahmed Baba, ont été inaugurés en janvier 2009 par le président malien Amadou Toumani Touré, le président sud-africain, Kgalema Motlanthe et son prédécesseur Thabo Mbeki. Le coût des travaux d’un montant de 2,5 milliards de francs Cfa ont été financés par l’Afrique du Sud. Construite sur la place Sankoré, sur le site de l'ancienne université Sankoré, les locaux de 4 800 m² comprennent notamment un amphithéâtre de 500 places, une salle de conférence de 300 places et une bibliothèque.

texte source WIKIPEDIA


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