Thierno Diallo
Plasticien



Biographie


T
hierno a aménagé un atelier-galerie à Lafiabougou Talico, quartier excentré de Bamako au pied du Mont Mandingue. C’est un jeune peintre sculpteur qui expérimente sans cesse de nouvelles techniques. Il a fait de son atelier un lieu de création collectif qu'il partage avec trois autres artistes de Bamako. En quelques années, il a construit une sorte d'atelier idéal pour les recherches picturales. Les plantes, la décoration d'inspiration zen, l'air qui circule avec les parfums de fleurs, ici tous les éléments favorisent la sérénité nécessaire à la réflexion. On se demande même comment Thierno arrive à ne pas être plus dérangé par les connaissances qui souhaiteraient tout simplement profiter de son atelier comme d'un espace de vie où passer les heures chaudes de la journée.

Les peintre-sculpteurs viennent quotidiennement. Chacun fouille, trace, concocte et mélange avec ce qu'il a à sa disposition. La nature environnante fournit la base de leurs matériaux et l'atelier prend des airs de véritable laboratoire d’herboristerie. Ils se nourrissent aussi de cette collectivité en échangeant avec l'autre conseils, avis, idées et projets.

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Ses recherches


Il a engagé une réflexion sur le trait, la trace en rapport avec le Thibaw (trace des ancêtres), qui renvoie aux tables divinatoires dogon inscrites sur le sable fin. Un initié pose une question à laquelle le renard sacré viendra répondre pendant la nuit en marquant les signes de ses pas. Dieu a doté l'animal de sens divinatoires pour communiquer et transmettre aux hommes. Thierno constate une similitude dans la disposition de ces traits sur des objets issus de nouvelles technologies, telles que les batteries de portables. Ses toiles sont une combinaison de signes, de codes, de traits et barres, proches des plaquettes d'informatique, ou de calculs scientifiques. Il fait un parallèle entre les traits divinatoires des ancêtres et les avancées technologiques . «Les ancêtres avaient accumulé des connaissances dans tous les domaines. L'avenir se construit à partir du passé et du présent.»

Pour bien saisir la complexité de tout cela et s'en imprégner, Thierno part quelques fois dans les villages du Wassoulou où il écoute et apprend de ceux qui maîtrisent la géomancie. Cette science n'est pas accessible à tout le monde mais il veut la comprendre et tenter de la préserver en la faisant vivre dans ces peintures.

D’autres tableaux symbolisent la trilogie du temps, ou le tonnerre par la représentation des idéogrammes correspondants. Dans " La marche du savoir», la plume (symbole du savoir) traverse le cauri (symbole de la richesse) sur un fond laissant apparaître un pied. Thierno explique : « On dit que celui qui voyage ne perd rien. Un jeune qui a traversé cent pays est aussi sage qu’un vieux de cent ans. Le jeune soninké qui part en France pour trouver la richesse, même s’il échoue, il s’enrichit énormément. En se frottant à une autre ethnie, il découvre une terre nouvelle et se plonge dans une autre culture. Le voyageur est très respecté chez nous car nous admirons celui qui a quitté sa maison et son confort pour voir comment vivent les autres et s’adapter à leurs moyens. Celui qui vient jusque chez toi vaudra toujours mieux que toi, dit-on. » Ce respect de l’autre, et de l’étranger en particulier, on le ressent en permanence au Mali ; dans le regard des gens croisés, dans la rue ou les dourounis (bus), dans les incessants égards lorsque l’on pénètre chez les gens, dans les éclats de joie des enfants qui viennent vous serrer la main.

Mon travail


 

     
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