L'industrialisation,
un passage obligé pour le Mali

MALIWEB L'Indépendant,du 03/09/2010

 

Pourquoi l'Afrique est-elle vulnérable ?

Parce que précisément, après avoir reconquis leur indépendance, les pays africains ne se sont pas suffisamment engagés dans la voie d'une industrialisation accélérée. Ce sont les pays, à l'image de la Chine et de la Corée du Sud, qui se sont industrialisés qui sont, aujourd'hui, les pays émergents, déclarait récemment l'économiste et tiers-mondiste égyptien, Samir Amin.


Le Mali devrait profiter de l'expérience de ces pays émergents pour s'engager résolument dans la voie de l'industrialisation, le passage obligé pour un développement rapide et durable. Malheureusement, du fait d'une tradition qui a la vie dure, notre pays semble avoir opté pour le tout-commerce et de se spécialiser dans l'exportation des matières premières à l'état brut aux pays industrialisés et dans l'importation des produits manufacturés.


A preuve, malgré tous les efforts consentis par les gouvernements successifs, révélait, au mois de juin 2010, le ministre en charge de l'industrie, de 1960 à ce jour, notre tissu industriel ne compte que 439 unités industrielles dont 299 entreprises manufacturières. A titre de comparaison, il y en a 6 000 en Côte d'Ivoire et 4 000 au Sénégal. Le tissu industriel est donc peu développé et très peu diversifié au Mali.

Il urge, à l'évidence de renverser cette tendance fâcheuse via un volontarisme de bon aloi sous-tendu par une organisation adéquate. La création de l'Agence pour l'aménagement des zones industrielles (AZI SA) l'opérationnalisation d'un guichet unique et les réformes économiques en cours visant l'amélioration du climat des affaires participent d'une telle dynamique. Il s'agit maintenant d'investir les créneaux dans lesquels le pays dispose de réels avantages comparatifs, comme l'agro-industrie, le textile, l'éco-industrie à travers la fabrication des équipements écologiquement propres à l'image des réfrigérateurs et climatiseurs solaires, des panneaux photovoltaïques, des vélos électriques, pourquoi pas les voiture solaires ?

Il s'agit aussi d'aller résolument à l'assaut de la technologie à travers, entre autres, l'achat de licences et de brevets, d'investir massivement dans la recherche-développement, d'établir des passerelles entre le monde universitaire et celui des entreprises, impliquer les Maliens de l'extérieur (matières grises et magnats des affaires) l'Ecole Nationale d'Ingénieurs (ENI) l'Ecole Centrale pour l'Industrie, le Commerce et l’Administration (ECICA) et le Centre de Formation Professionnelle (CFP) et autres établissements privés de formation technique en y instaurant un système d'émulation pour l'innovation et la créativité. Il s'agit, enfin, de la création d'un fonds pour la promotion industrielle, la promotion des PMI…

C'est en cela seulement qu'on pourra créer de la valeur ajoutée, la richesse et des milliers d'emplois. Et entrer ainsi dans le cercle très convoité des pays émergents. Au lieu d'être une économie extravertie et continuer d'être le dépotoir des produits des autres.

Yaya SIDIBE